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OVE Infos n°41 | Des hommes en formation « féminine » : le poids du genre dans l’enseignement supérieur

Olivier Alice

Les filles sont ainsi largement surreprésentées dans les formations littéraires, paramédicales et sociales, et plus généralement dans celles qui renvoient aux rôles attribués aux femmes dans la société, tels que le soin, l’éducation ou les services. Les garçons, eux, sont très majoritaires dans les domaines scientifiques, techniques et sportifs, et plus généralement dans ceux qui font appel à des compétences socialement associées aux hommes, comme la force physique ou la capacité d’abstraction. Comment, dès lors, expliquer les trajectoires scolaires et étudiantes qui ne correspondent pas à ces grandes tendances, autrement dit celles de filles qui investissent des filières dites « masculines » et de garçons qui rejoignent des formations dites « féminines  » ?

Cette recherche est issue d’un travail de thèse qui a reçu le prix de doctorat (prix Louis Gruel) de l’OVE en 2019. Elle repose sur une double étude de cas des formations de maïeutique (autrement dit, les études de sage-femme) et d’assistance de service social. Ces deux filières peuvent être qualifiées de «  féminines » : elles comptent respectivement 98 % et 93 % de femmes en 2016 ; elles ont historiquement émergé comme des formations « pour les femmes » ; elles renvoient centralement à des dispositions (la douceur, l’écoute, le dévouement, la discrétion, etc.) et à des caractéristiques symboliques et techniques (importance de l’accompagnement, très nombreuses femmes parmi les usagères et usagers, préparation à des professions intermédiaires peu (re)connues, etc.) socialement associées aux femmes.

Cet OVE Infos montre le rôle essentiel des contextes (situation économique, pratiques institutionnelles, rencontres, etc.) dans l’orientation atypique des hommes ayant choisi de suivre la formation de sage-femme ou d’assistant de service social. Il examine la façon dont ces hommes sont socialisés à « jongler » avec des pratiques de genre plurielles une fois en formation, et met enfin en évidence les inégalités sexuées qui sont (re)produites pendant les études.

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